Etudier le latin permet enfin de progresser en
grammaire et en
vocabulaire.
Voyez la phrase latine suivante, qui raconte une histoire de morsure entre un loup et un petit chien :
LUPUM MORDET CANICULUS.
N'importe quel français sera tenté de comprendre : "Le loup mord le petit chien."
.... Eh bien, c'est l'inverse ! Cette phrase latine signifie :
"Le petit chien mord le loup."
Aucun Romain ne se serait trompé, car les Romains ne se fient pas à l'ordre des mots pour comprendre une phrase : ils regardent la terminaison des mots et c'est elle qui leur indique si le mot est sujet ou complément du verbe !
En latin, le sujet finit par -US et le complément d'objet direct finit par -UM, donc un Romain aurait vu du premier coup d'œil que CANICULUS est le sujet de MORDET, et que LUPUM est le complément d'objet direct !
Imaginons que, le lendemain, le loup revienne afin de se venger du petit chien. Comment dira-t-on "Le loup mord le petit chien" ?
C'est facile, il suffit de mettre la terminaison de sujet au mot "loup" et la terminaison de complément d'objet direct au mot "petit chien" :
Lupus mordet caniculum.
Vous comprenez donc pourquoi le latin aide à progresser en grammaire ! Parler latin, c'est jongler sans cesse avec le sujet, le complément d'objet direct, le complément d'objet indirect, les compléments circonstanciels, le complément du nom : chacun a sa terminaison, qui permet de le reconnaître. En travaillant le latin, on s'exerce en même temps à la grammaire...
… Et on approfondit son vocabulaire français ! CANICULUS, le petit chien, a donné en français le "caniche", tandis que sa sœur la CANICULA, la petite chienne, est l'ancêtre du mot "canicule" ( parce qu'au mois d'août, à la période la plus chaude de l'année, les Romains disaient que le soleil était dans la constellation de la Petite Chienne ).